Malène Leloup

A Audierne depuis 2011. Je peins des aquarelles et fais régulièrement des expositions. J’ai peint la plaquette du Musée Calvet d’Avignon en 2006. Citée dans le dictionnaire des aquarellistes avignonnais du 20ème siècle . J’ai eu la chance d’avoir pour professeur d’aquarelle Henri Lindegaard, peintre et pasteur cévenol. Je lui dois l’essentiel de ma formation au cours de stages qu’il animait dans son mas à Mialet dans le Gard. Il avait une façon de parler de la peinture qui, à mes yeux, était très originale, très vivante, très attractive, très forte. La base de ma recherche pour aborder l’aquarelle est largement inspirée de son enseignement. Dans un tableau, tout se tient, tout est interdépendant, tout a un rôle à jouer. Il nous faut voir un tableau comme un organisme, une réalité autonome ayant sa propre cohérence. Le peintre n’envisagera pas comme le promeneur…la montagne qui s’élève, le chemin qui monte, le vide du ciel, l’ombre de l’arbre, la maison qui attend au bout du chemin….il aura un regard différent.

J’ai envie de vous donner envie de peindre.

Quand on peint, on est libre. Comme sur un bateau, on est seul maître à bord !
On est seul maître en face d’une feuille blanche avec un pinceau et de belles couleurs.
*On choisit de peindre ce qu’on veut qui n’est pas forcément la même chose que ce que le voisin a envie de peindre !
*On choisit de le peindre comme on veut, avec les couleurs que l’on choisit.
* Alors, bien-sûr, il ne faut pas le faire n’importe comment pour apprécier le résultat :

  • il faut connaître la technique qui convient à telle sorte de peinture : on n’utilise pas l’aquarelle comme la gouache ou comme la peinture à l’huile
  • il ne faut pas mélanger les couleurs au hasard ou en les passant les unes sur les autres pour ne pas obtenir des gris tristes ou des marrons qui ne sont pas les bienvenus.
  • chaque couleur se met en fonction de ses voisines et de l’ensemble de la composition. Faire sa palette est une étape essentielle.
  • pour l’aquarelle, il faut souvent attendre le séchage avant de continuer….etc….

Quand on peint, il me semble on n’a pas le même regard que d’habitude. On découvre les choses autrement, même ce qui nous est quotidien. La peinture crée des liens : une relation se crée entre le paysage et moi. Je ne le vois plus de la même façon une fois que je l’ai peint un jour,  c’est plus qu’un simple souvenir. C’est comme une histoire commune, un échange de dons.

Nous avons passé du temps ensemble et de ce temps, est née la peinture. Une connivence se crée comme avec une maison que l’on a habitée. Peut-être que le peintre ne voit pas la même chose que les autres.

Pour une maison par exemple, il ne dessine pas la fenêtre que le propriétaire vient de changer . Il peut être fâché que le peintre ne la dessine même pas ou bien qu’il la dessine différente. Mais si le peintre n’a pas besoin de sa forme ou de sa couleur pour construire son dessin, ou s’il ne l’aime pas beaucoup, alors il a le droit de ne pas la dessiner.
Quand je dessine installée dans la rue, il y a des gens qui passent. Certains font semblant de ne pas me voir pour ne pas me déranger ou parce qu’ils sont timides. Mais il y en a d’autres qui s’arrêtent, qui se retournent et qui regardent l’endroit que je peins, même s’ils le connaissent par cœur. Alors, parfois ils me disent que j’ai raison parce que c’est un très bel endroit ! Une fois, une dame m’a dit : « vous avez de la chance ! »

Et ça, c’est une grande joie !

Habiter le papier de formes
Choisir une harmonie de couleurs
Faire naître les ombres et les lumières